Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des six commissions permanentes du Sénat : Lois, Finances, Affaires économiques, Affaires étrangères et Défense, Affaires culturelles, Affaires sociales. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales, les motions de procédure et les explications de vote des sénateurs du groupe CRC-SPG.

AGRICULTURE ET PECHE

Cette loi ne sera pas en mesure de soigner les blessures profondes du monde agricole

Modernisation de l’agriculture et de la pêche : explication de vote

Par Marie-Agnès Labarre / 29 mai 2010

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, voilà deux semaines, tout avait bien commencé. Les mots se voulaient rassurants : régulation des volumes, prix rémunérateurs, quotas. On a vu des sénateurs s’insurger contre le comportement des députés européens et d’autres dénoncer très humblement, sinon les effets pervers, en tout cas l’impuissance de la loi de modernisation de l’économie à protéger les producteurs.

Vous-même, monsieur le ministre, déclariez au début de la discussion que nous devions changer de modèle économique, trop d’agriculteurs investissant sans savoir ce qu’ils gagneront.

Pourtant, après deux semaines de débats morcelés, parfois nocturnes, force est de constater que le projet de loi sur lequel nous nous apprêtons à nous prononcer aujourd’hui ne sera pas en mesure d’apporter des réponses à la crise que traverse le monde agricole et au malaise qui semble s’y être durablement installé.

Bien sûr, on peut concéder quelques satisfactions : elles sont parfois symboliques, mais les symboles ont leur importance, surtout quand il s’agit d’affirmer le caractère public de la politique de l’alimentation ; elles sont parfois plus concrètes, et je pense à l’interdiction partielle des remises, rabais, ristournes ou à l’interdiction de renvoyer aux producteurs les marchandises non vendues.

Nous apprécions d’autant plus ces progrès qu’ils sont peu nombreux et nous vous savons gré, monsieur le ministre, d’avoir été prêt à les accueillir.

Il reste que, dans sa globalité, ce texte ne nous satisfait pas.

En premier lieu, il s’inscrit dans le cadre de politiques internationales et européennes délétères pour le secteur agricole. Or les décisions prises dans le cadre de l’OMC, du G8, du G20 ou de l’Union européenne ne tombent pas du ciel ! La France a le devoir de porter un message. Dès lors, on ne peut que constater l’absence de volonté de changer les politiques agricoles, de soustraire l’agriculture aux lois du marché.

Monsieur le ministre, vous avez déclaré que, aux niveaux européen et international, notamment à l’occasion de la présidence française du G20, vous agiriez pour la régulation des marchés. Lors des débats, nous avons demandé des engagements en ce sens et vous nous avez répondu que le Gouvernement suivait cette question à l’échelon européen. Or, lorsque nous vous avons proposé de soutenir, dans le cadre de la révision de la PAC, des mécanismes qui garantissent une régulation des volumes et des prix rémunérateurs, vous nous avez rétorqué que cela relevait de l’Union européenne !

Vous dites qu’en matière viti-vinicole une libéralisation des plantations n’aurait pas de sens. Ce n’est pourtant pas ce que prévoit l’organisation commune du marché du vin, que la droite européenne a soutenue.

Par ailleurs, le dispositif de contractualisation, présenté par le Président de la République comme le remède à tous les maux, ne convainc personne. Même les membres de la majorité n’y croient pas ! La contractualisation existe déjà, mais elle n’est pas mise en œuvre. Elle peut entériner un rapport de force, mais non l’inverser. Or la question est bien là : si l’État ne s’engage pas fermement dans la défense d’un prix rémunérateur pour les agriculteurs, rien ne changera.

La mise en œuvre d’outils existants, comme les principes équitables du coefficient multiplicateur, serait plus utile que le dispositif prévu à l’article 3 !

Les autres mesures, telle la concentration des organisations de producteurs, sont des solutions qui ont déjà montré leurs limites, notamment en raison du faible poids des coopératives agricoles face aux centrales d’achat et aux distributeurs.

Nous déplorons également que nos amendements visant à instaurer plus de représentativité dans la gouvernance des organisations du secteur agricole aient été jugés inutiles.

En bref, la contractualisation ne fait pas une politique agricole.

La gestion des risques agricoles par l’assurance privée facultative, au détriment de la mutualisation des risques et de la solidarité entre les exploitants, ne nous satisfait guère tant elle risque de laisser bon nombre d’agriculteurs sur le bord du chemin.

Le plan durable de gestion de l’agriculture perd un peu de son intérêt quand on sait combien le Grenelle 2 est en recul par rapport aux ambitions initiales. Ainsi, un amendement de la majorité visant à assujettir la restriction ou le retrait de pesticides à l’évaluation des effets socio-économiques, et non plus seulement sanitaires ou environnementaux, a été adopté, avec le soutien du Gouvernement. Cette nouvelle disposition restreint la possibilité de retirer son homologation à un produit phytosanitaire alors même que sa dangerosité aurait été démontrée.

Que penser des objectifs affichés depuis des mois en ce qui concerne la préservation de la biodiversité quand on marchande nos forêts sans tenir compte, dans l’exploitation des bois, des règles minimales nécessaires à leur renouvellement ?

Enfin, le projet de loi brille par l’absence de tout volet social. La réalité est pourtant dramatique pour les agriculteurs, les pêcheurs et leurs familles : des revenus en baisse malgré un travail de plus en plus lourd, des retraites inférieures au seuil de pauvreté et un départ en retraite qui recule sans cesse, telle la ligne d’horizon Pour le monde agricole, ce ne sont pas les champs Élysées ! Voilà des femmes et des hommes qui souffrent et qui, après une vie de dur labeur, voient le moment de souffler un peu s’éloigner toujours et leur pension se réduire comme peau de chagrin.

Exploités par le négoce, l’agroalimentaire, les banques et l’assurance, ainsi que par la grande distribution, les agriculteurs n’ont plus qu’à subir les dégâts causés par le libéralisme. Cette loi ne sera pas en mesure de soigner les blessures profondes du monde agricole ni d’assurer le maintien des activités agricoles sur notre territoire.

Pour toutes ces raisons, nous sommes contraints de voter contre ce texte, car nous ne voulons pas tromper les agriculteurs et les pêcheurs de métropole et d’outre-mer sur sa prétendue efficacité.


LOGEMENT ET TRANSPORT : Il n’est pas possible de mener une politique du logement sans argent public

Majoration des droits à construire (nouvelle lecture)

Par Michel Billout / 6 mars 2012

LOGEMENT ET TRANSPORT : Une telle disposition ne résoudra en rien la crise du logement

Majoration des droits à construire

Par Gérard Le Cam / 29 février 2012

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES : Le programme national "très haut débit" manque d’ambition

Aménagement numérique du territoire

Par Mireille Schurch / 14 février 2012

ECONOMIE : Ce sont vos politiques libérales qui ont trahi notre héritage national

Filière industrielle nucléaire française

Par Dominique Watrin / 9 février 2012

ECONOMIE : La Réunion a besoin d’une stratégie à long terme

Réforme des ports d’outre-mer

Par Paul Vergès / 26 janvier 2012

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES : Un progrès incontestable pour nos compatriotes de Polynésie

Conséquences environnementales des essais nucléaires français en Polynésie française

Par Michelle Demessine / 18 janvier 2012

LOGEMENT ET TRANSPORT : Quels moyens pour le développement du transport fluvial ?

Agence nationale des voies navigables (deuxième lecture)

Par Mireille Schurch / 11 janvier 2012

ECONOMIE : Ce texte s’inscrit dans un projet politique global de libéralisation de l’économie

Droits des consommateurs

Par Evelyne Didier / 20 décembre 2011

LOGEMENT ET TRANSPORT : Nous sommes particulièrement attachés à la reconnaissance de la maîtrise publique

Agence nationale des voies navigables : explication de vote

Par Mireille Schurch / 19 octobre 2011

LOGEMENT ET TRANSPORT : Un sous-investissement chronique qui a conduit à un délabrement du réseau

Agence nationale des voies navigables

Par Mireille Schurch / 19 octobre 2011

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES : Ce texte ne doit pas aller à l’encontre des lois Montagne et Littoral

Plan d’aménagement et de développement durable de Corse

Par Evelyne Didier / 18 octobre 2011

ENVIRONNEMENT : Messieurs de la majorité, les lobbies pétroliers et gaziers vous remercient !

Exploitation des huiles et gaz de schiste : explication de vote

Par Marie-Agnès Labarre / 10 juin 2011

ENVIRONNEMENT : Au mépris de l’environnement, le gouvernement légalise en fait la fracturation hydraulique

Exploitation des huiles et gaz de schiste : explication de vote

Par Michel Billout / 9 juin 2011

SOCIETE : La chasse doit rester une activité populaire

Droit de la chasse

Par Gérard Le Cam / 5 mai 2011

LOGEMENT ET TRANSPORT : La persistance de l’habitat insalubre est symptomatique d’un manque substantiel de logements sociaux

Lutte contre l’habitat indigne dans les départements et régions d’outre-mer

Par Gélita Hoarau / 4 mai 2011

EUROPE : L’Union européenne doit assumer ses responsabilités

Effets sur l’agriculture des départements d’outre-mer des accords commerciaux conclus par l’Union européenne

Par Gélita Hoarau / 3 mai 2011

Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Marie-Agnès Labarre
Ancienne sénatrice de l’Essonne

Membre de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication

Devenue sénatrice le 8 janvier 2010 (en remplacement de M. Jean-Luc Mélenchon, élu député européen

Decor
Intranet
Haut de page