Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

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DossiersUne réforme des collectivités au péril de la démocratie
Le Sénat a voté en février 2010 le projet de loi relatif à la réforme des collectivités territoriales. Loin de ne concerner que les élus locaux, cette réforme initiée par Nicolas Sarkozy aura, si elle aboutit, de nombreux effets sur la vie des Français : moins de services publics de proximité, moins de démocratie, des élus moins nombreux et moins proches. Avec elle, les collectivités territoriales deviendraient de simples échelons administratifs, privées de financement et de la capacité d’agir pour satisfaire les besoins des populations. Couplée avec la suppression de la taxe professionnelle, elle offrirait aussi aux grands groupes privés un énorme marché qui pour l’essentiel leur échappait jusqu’à présent. Elle signerait de fait la fin de la décentralisation au profit d’un dirigisme autoritaire de l’Etat. Les sénateurs du groupe CRC-SPG ont annoncé leur intention de se mobiliser contre un texte « qui porte fondamentalement atteinte à la démocratie en brisant la décentralisation au profit d’une recentralisation des pouvoirs » et qui « porte en lui la mort des communes et départements, institutions structurantes de la République ». Ils ont déposé 216 des 650 amendements qui seront discutés au cours de ce débat.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Lois

La négation de décennies de libre administration des collectivités locales

Réforme des collectivités territoriales : débat général en commission

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 2 décembre 2009

Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, Mes cher(e)s collègues,

Vous voulez cette réforme parce que, comme l’a affirmé le Président de la République, elle serait attendue par nos concitoyens. Si j’en crois un récent sondage Ipsos pour l’Assemblée des Départements de France, rien n’est moins sûr : 76 % la jugent « plutôt confuse et incompréhensible » ; 73 % sont opposés à la suppression du département et au transfert de ses compétences à d’autres échelons.

Elle serait même urgente, dit Nicolas Sarkozy. Urgente pour qui ? Nos concitoyens se préoccupent tout particulièrement de leur pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’aggravation, pour un nombre croissant d’entre eux, de leurs conditions de vie, toutes questions auxquelles vous ne répondez pas. Par contre, les collectivités locales jouent précisément un rôle « d’amortisseur social » en cette période. Permettez-moi de douter en conséquence des justifications que vous développez depuis des mois.

La complexité des trois niveaux de collectivités, le fameux « millefeuille » : d’abord, c’est à peu près la même chose partout en Europe et ce qui est extraordinaire, c’est que vous proposez de complexifier encore, puisque vous créez des métropoles et des pôles métropolitains, avec des compétences variables d’un endroit à l’autre.

Ce qui est vrai, c’est qu’il y 36 000 communes en France. Mais elles sont justement le cœur de la démocratie locale plébiscitée par les Français. Vous invoquez le coût des élus : 90 % sont bénévoles et pour ceux qui perçoivent des indemnités, elles représentent seulement 28 millions d’euros par an pour une dépense publique locale de 220 milliards.

Les véritables raisons de la réforme sont ailleurs, et sans doute aussi l’urgence. Les grands groupes privés exigent de nouvelles marges et n’acceptent pas de voir leur échapper une grande part des investissements publics des collectivités locales (73 % du total). Ils entendent bien les voir tomber dans leur escarcelle, comme la Poste, EDF-GDF ou l’hôpital.

La RGPP que vous appliquez à l’Etat, vous voulez l’appliquer aussi aux collectivités, au mépris de l’emploi et des services rendus (vous annoncez vous-mêmes la suppression d’un tiers des fonctionnaires territoriaux au nombre de 1,7 million).

Cette réforme est la négation de décennies de libre administration des collectivités locales, d’ailleurs consacrée dans la Constitution. Vous vous attaquez aux choix des collectivités pour leurs politiques locales par l’étrangement financier avec la suppression taxe professionnelle et celle de la compétence générale des départements et régions. Il est d’ailleurs inadmissible que vous entendiez procéder à cette déstructuration avant même de parler des compétences des différents échelons.

Avec les deux couples – communes-intercommunalité / départements-région -, vous annoncez clairement la disparition des communes et des départements. Vous vous en prenez aux élus, tout particulièrement les élus de proximité, en inventant une nouvelle catégorie : l’élu professionnel, bicéphale, multicarte, le conseiller territorial.

Le mode de scrutin que vous voulez imposer est une incongruité en France. D’éminents juristes estiment que ce scrutin hybride, uninominal à un tour avec 20 % de proportionnelle pose beaucoup de problèmes. Il vise de toute évidence à assurer à l’heure actuelle la suprématie de la majorité. Il met en cause la juste représentation des courants politiques et porte un coup fatal à l’obligation de parité dans les régions où, précisément, elle est réalisée. On se demande si vous n’entendez pas faire un coup d’essai pour imposer ce mode de scrutin typiquement anglo-saxon.

Mon propos était bref compte tenu du temps imparti, mais je terminerai en disant qu’à coup sûr, cette réforme sonnerait le glas de la décentralisation. C’est à l’évidence une reprise en mains par l’Etat. D’ailleurs, le Grand Paris le confirme d’une autre façon.

C’est un retour en arrière avant 1982, avec une différence notable : depuis lors, l’Etat a abandonné petit à petit la plupart des grands services publics nationaux.


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