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Tribunes libres

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Fin de quinquennat

A notre avis -

Par / 9 novembre 2016
Editorial paru dans Initiatives n°101.

Depuis le début de cette dernière session parlementaire du quinquennat de François Hollande, les esprits semblent ailleurs. La droite est plongée dans la bataille de ses primaires, assoiffée de revanche et déterminée à abattre les dernières survivances du modèle social français.

Le Parti socialiste se divise à l’infini, bousculé, déchiré par cinq années de reniement, cinq années de gestion appliquée d’un capitalisme libéral de plus en plus sauvage sans le moindre habillage social ; cinq années de Traité Merkel-Sarkozy, de pacte de compétitivité, de CICE, de loi Macron et de Loi Travail. La gauche antilibérale se cherche, mais chacun devine et perçoit que c’est dans l’alternative, la rupture avec les choix de soumission à la mondialisation financière que l’avenir réside.

Une aspiration forte s’exprime en France, la mobilisation contre la loi Travail en fut un symptôme évident, mais aussi ailleurs dans le monde de la brillante campagne de Bernie Sanders à la poussée en faveur de Jérémy Corbyn en Grande- Bretagne. Une étude d’opinion chez des jeunes de 18 à 25 ans en Europe a montré leur attachement à l’idée de révolution, en particulier dans des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne où pourtant l’hypothèse d’une alternative politique de gauche n’est pas évidente. 

La conscience d’inégalités inacceptables dans notre pays comme dans le monde grandit. La connaissance des gâchis formidables des puissances financières s’approfondit et suscite de graves interrogations, comme le soulignent mes amis Alain et Eric Bocquet dans leur remarquable ouvrage « Sans domicile Fisc ». L’idée que la politique et l’écologie sont étroitement liées et qu’il n’y aura pas de sauvetage de notre Terre sans remise en cause du capitalisme et d’une société de consommation devient une évidence. La conviction que l’argent doit créer du travail, permettre l’épanouissement humain est largement partagée. 

Ces nouvelles réalités politiques contiennent, pour combien de temps encore, l’inquiétante poussée xénophobe, conservatrice, voire fasciste. On peut avoir le sentiment aujourd’hui d’être sur une ligne de crête. Le modèle démocratique occidental, la Vème République en France montrent leurs terribles limites. Les institutions apparaissent de plus en plus comme le moyen de protection ultime des détenteurs du pouvoir économique, le tout formant un modèle oligarchique nouveau. Le débat parlementaire, et c’est particulièrement vrai au Sénat, met en évidence cette crise institutionnelle grave. L’obsession des deux partis dominants, c’est l’accélération et la réduction du débat, dans certains cas, sa disparation. 

Le rationalisme parlementaire est poussé à son comble : réduction du temps de parole, diminution du droit d’amendement par la multiplication d’irrecevabilités constitutionnelles. Il ne s’agit pas d’un débat juridique de spécialiste. Ce qui est en jeu, c’est l’idée même de démocratie parlementaire. Les récents propos de François Hollande à l’occasion du colloque « Refaire la Démocratie » sont affligeants et inquiétants. Alors que nos concitoyennes et nos concitoyens demandent plus de débats, plus de pouvoir, une meilleure représentation, le chef de l’État veut légiférer plus vite. Mais pour quoi faire ? Pour accélérer les mauvais coups, priver le peuple du temps d’information, de réaction, que lui offre le débat parlementaire.

Le pouvoir exécutif, qu’il soit de droite ou d’obédience socialiste, veut éteindre les velléités de contestation, comme la loi Travail les a suscitées. Il ne supporte pas l’intervention citoyenne dans la vie publique. Le débat budgétaire et l’impossibilité des parlementaires de bouger quoi que ce soit dans un projet validé a priori et a posteriori par Bruxelles deviennent les exemples à suivre pour l’ensemble du débat législatif. Mais il y a encore mieux. Le parlement a été privé de tout débat, à l’exception de l’examen d’une proposition à notre initiative le 13 octobre dernier, sur le CETA qui engage pourtant l’avenir économique de notre pays et de l’Union européenne. Ce non débat sur le CETA symbolise cette fin de quinquennat, des institutions à bout de souffle, impuissantes face à la violence du marché.

De la capitulation face au traité budgétaire Merkel-Sarkozy à l’acceptation sans broncher du CETA, la boucle est bouclée. Les sénatrices et les sénateurs du groupe CRC tentent et tenteront jusqu’au bout, avec leurs moyens de desserrer cet étau en poussant le débat sur des grandes questions comme la politique industrielle et l’emploi, la maîtrise de l’économie par la puissance publique avec la campagne pour la renationalisation des autoroutes et l’action pour le logement social. Par leur action, ils entendent contribuer modestement, mais avec conviction et audace, aux grands débats électoraux à venir.

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