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Tribunes libres

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Nos agriculteurs dans l’impasse libérale

Crise agricole -

Par / 1er mars 2016
Editorial paru dans le n° 98 d’Initiatives.

La crise frappe les campagnes au cœur. Depuis des mois, les agriculteurs font connaître leur détresse et leur désespoir, car beaucoup d’entre eux travaillent dur pour ne
rien gagner. Ils ne s’en sortent plus, à cause des prix d’achat en chute, trop bas depuis trop longtemps. Les causes sont bien connues : démantèlement des outils de régulation, libéralisation des marchés, dumping social, concentration de l’agriculture au profit des géants de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. En Europe, la régulation n’existe plus ! Cette logique purement libérale est une impasse pour eux et pour nous tous. Faute d’affronter le sujet des prix agricoles rémunérateurs, comme celui des travailleurs détachés en Europe, les mesures gouvernementales ne font l’effet que d’un cachet d’aspirine. Il faut s’attaquer aux véritables causes de la situation en concertation avec l’ensemble des producteurs et des professionnels.
Des solutions durables existent pourtant.

Nous proposons de légiférer sur la réduction des marges et pratiques abusives dans la grande distribution. Nous portons l’idée de créer un prix d’achat plancher garanti à chaque travailleur paysan pour un quota donné de production, à négocier chaque année dans chaque production agricole avec les organisations de producteurs et les syndicats. Les filières alimentaires relocalisées doivent être soutenues, l’indication d’origine des produits agricoles appliquée, sans oublier le développement du marché intérieur notamment avec les collectivités locales pour la restauration, en mettant en place dans les appels d’offre, des critères qui privilégient les produits de proximité. Les coopératives et l’intervention publique doivent jouer leur rôle de solidarité avec les producteurs en faveur d’une juste rémunération de leur travail.

Parallèlement, c’est à l’échelle de l’Europe qu’il est nécessaire d’intervenir pour que cessent les logiques de concurrence exacerbée. Notre pays doit prendre l’initiative d’une action pour réajuster la politique agricole commune afin de revenir à des régulations par les prix et des limitations de quantités pour éviter les surproductions, tout en mettant en place un dispositif de protections aux frontières extérieures de l’UE afin de combattre les importations anarchiques. Elle doit pousser pour l’organisation d’une conférence mondiale sous l’égide des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, visant à instaurer des mécanismes dissuadant la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires et permettant une régulation mondiale des prix. Il est également de la responsabilité des dirigeants européens d’entamer des négociations sérieuses avec la Russie pour sortir de l’absurde embargo actuel, qui a de redoutables conséquences sur la vie de nos fermes. Les producteurs ne doivent pas être les victimes de la chaîne de commercialisation. De nouvelles règles doivent être instituées.

Pour cela, ce sont de nouveaux systèmes de production qu’il faut inventer, économes en énergie, en produits chimiques, en importations. Il faut le faire en association avec nos centres de recherche et les agriculteurs eux-mêmes, qui disposent déjà d’une intelligence collective pour le mieux-être de toutes et tous. Laisser les marchés et la finance faire la loi revient à abandonner nos territoires et nos filières d’élevage. La transition de notre modèle de production et de consommation alimentaire est indispensable. Elle ne doit pas se faire au détriment du travailleur agricole, du paysan, comme du consommateur, de l’environnement, de l’emploi et d’un aménagement harmonieux des territoires et du visage de la France. Comme l’a dit le Pape François : « l’engagement écologique passe par le respect des agriculteurs afin qu’aucun d’entre eux ne se sente plus jamais parmi les esclaves des temps modernes, sacrifiés à l’idole de la productivité alimentée par une concurrence internationale aveugle ».

Oui, le cri de colère des paysans, c’est aussi le nôtre !

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