Groupe Communiste, Républicain et Citoyen

Les courriers officiels

Notre avenir commun doit comporter plusieurs chantiers

Lettre au Président de la République sur la politique générale -

Par / 28 juin 2017

Monsieur le Président de la République,

Notre Pays vient de traverser une longue période électorale qui vous a vu accéder à la Présidence de la République avant que votre mouvement ne remporte les législatives. Ce scrutin a par ailleurs été marqué par une abstention exceptionnelle, marque d’un fort désarroi et surtout d’un manque d’espoir en l’avenir.

Vous avez annoncé vouloir modifier l’échiquier politique mais également la gouvernance politique. Quatre tours de scrutins donnent effectivement à voir un paysage totalement nouveau.

Cette nouveauté dont chacun mesurera demain les conséquences, ne doit pas occulter les difficultés quotidiennes rencontrées par nos concitoyens. Difficultés qui, elles, ne sont malheureusement pas nouvelles mais bien inscrites dans la durée.

Au Sénat, j’inscris mon mandat dans la diversité des besoins et attentes du territoire morbihannais mais surtout au service de l’intérêt général. C’est à la lumière de cette conviction que je m’adresse à vous aujourd’hui.

Comme vous l’avez proclamé, vous souhaitez construire un nouvel avenir commun. L’intention est louable mais pour être complètement juste, elle doit comporter plusieurs chantiers qui je l’espère retiendront toute votre attention. Dès demain, vous serez jugé sur vos actes et les résultats de votre politique.

Les résultats électoraux récents et l’abstention massive témoignent d’une réelle volonté de nos concitoyens de modernisation de notre Démocratie. Il me semble que celle-ci ne peut pas se trouver dans l’utilisation du 49-3, ni dans la pratique des ordonnances que vous annoncez pourtant comme une pierre angulaire de votre projet de modification du code du travail. Au contraire, il est urgent de recréer le dialogue avec les élus en rassemblant collectivement les idées pour façonner des projets d’avenir porteurs d’espoir avec les citoyens, en écoutant leurs préoccupations et leurs propositions. Le fossé entre les Elus de la Nation et le peuple doit être réduit. La République a besoin d’être adaptée aux exigences du 21ème siècle.

La crise qui a touché durablement notre pays a particulièrement impacté les couches les plus populaires. Il est urgent de porter une attention particulière aux citoyens les plus fragiles. Ils méritent d’avoir la possibilité de faire de vrais choix afin de s’épanouir pleinement individuellement et collectivement. Une exonération de la taxe d’habitation leur apportera peut-être une relative bouffée d’oxygène mais pourrait asphyxier les collectivités locales. Au contraire, la construction d’une société plus juste et équitable passera nécessairement par une réforme de la fiscalité pour qu’elle soit un outil de lutte contre les inégalités qui continuent de croître et par une action contre l’évasion et la fraude fiscales qui coûtent chaque année, plus de 140 milliards d’euros à elles deux, à notre pays.

Ce manque à gagner pourrait être mis au service de nos territoires notamment ruraux afin de porter l’ambition de redonner du souffle à une ruralité qui a l’impression que ses préoccupations ne sont pas entendues. Retraite ou revenu agricole de base, salaire décent pour les agriculteurs, relations entre producteurs et grande distribution, mécanismes de régulation…autant de sujets en débat pour enfin sortir le secteur agricole de l’impasse dans laquelle il se trouve. Il est primordial de travailler dans le sens de « la terre à ceux qui la travaillent ».

Cet enjeu de la ruralité est à mettre en perspective avec celui du maintien et du développement des services publics de proximité qui sont les piliers de notre République. La recherche de toujours plus de compétitivité les fragilise et entraîne à terme leur disparition. Alors notre devise « Liberté, Egalité, Fraternité » est mise à mal, c’est le chemin du déclin.

A ce titre, l’emploi est une préoccupation majeure de nos concitoyens. Outre le contrôle des aides publiques attribuées aux entreprises, la mise en œuvre d’un grand service public « Emploi-Formation » serait un formidable outil de lutte contre le chômage. En parallèle, il est temps d’agir pour une économie vertueuse en organisant l’irrigation économique des territoires en s’appuyant sur les compétences des élus locaux pour mieux identifier les besoins du terrain et les filières à développer.

Parmi celles-ci, le logement est primordial tant la pénurie de logements accessibles est criante depuis plusieurs années. L’orientation spéculative en la matière doit être abandonnée au profit des aides à la pierre, réduite au fil du temps, à peau de chagrin. Le montant élevé des loyers engendre bien des difficultés d’accès au logement pour un très grand nombre de familles. Construire des logements sociaux, voire très sociaux constitue la seule réponse pour garantir un logement de qualité et adapté à tous. Comment supporter que des familles vivent dans la rue ou dans des conditions d’habitat indignes ? Comment accepter le nombre grandissant de sans-domicile fixe, (150 000 dont 30% d’enfants), dont les structures de prise en charge sont dramatiquement saturées ? Il est temps d’en finir avec cette détresse humaine et vous le savez bien, sans toit, il n’y a plus de droits.
Dans le même temps, les plus grandes fortunes accumulent les milliards ! C’est un scandale !

Notre pays a largement contribué à la construction européenne. Mais cette Europe de la solidarité et de la paix s’est peu à peu transformée en Europe essentiellement économique, d’abord au service de la finance. Il est temps de réorienter les projets européens vers plus de coopération entre les peuples et plus d’égalité. Cela passe par l’interdiction du dumping social et l’harmonisation de la politique des États membres. Elle doit être mise en marche sans attendre et donner lieu à un phasage précis, si nous voulons l’adhésion des Français à la politique européenne. Elle doit jouer pleinement son rôle de moteur du monde, pour la paix et le progrès.

Enfin, le dernier point que je tenais à vous soumettre est celui de la Jeunesse et de son avenir. Notre École républicaine doit apporter le plus de chance possible de réussite à tous. Pour cela, il faut permettre des passerelles et des droits à l’erreur dans les parcours scolaires. De même avec le service civique qui ne doit pas être un sous contrat de travail mais un tremplin pour l’avenir.

En ce début de quinquennat, ma sollicitation est celle d’un élu municipal, Maire pendant 17 ans, Parlementaire depuis 2011. De par mon expérience et des liens tissés avec la population et les Elus locaux, je souhaite ardemment que les réformes envisagées ne soient pas bénéfiques seulement aux Français les plus aisés mais bien à l’ensemble de nos concitoyens, et particulièrement à celles et à ceux qui sont vraiment les oubliés de la République.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de mes sincères salutations.

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