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Collège Lucie Faure à Paris 20e

Question écrite n° 14035 -

Par / 4 décembre 2014

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le collège Lucie Faure dans le 20e arrondissement de Paris situé dans un réseau de réussite scolaire depuis plusieurs années.

Ce collège est situé dans un quartier populaire et socialement défavorisé (plus de 40 % de boursiers au collège dont 58,18 % ont deux à trois parts et 40,8 % de professions et catégories socio-professionnelles défavorisées). Grâce au travail de fond réalisé par les équipes éducatives depuis de nombreuses années le taux de réussite au brevet est passé de 42 % en 2007 à 64 % en 2014. C’est un progrès important même si l’on est encore loin de la moyenne nationale (soit 85 % en 2013).

Selon des informations parues dans la presse, le collège Lucie Faure ne figurait plus dans la liste des établissements classés en réseau d’éducation prioritaire (REP) à la rentrée 2015, d’après la nouvelle cartographie envisagée par le rectorat.

Pourtant, en octobre 2014, il faisait partie de la liste officielle des établissements classés de l’académie de Paris. Selon nombre de parents d’élèves et d’enseignants, ne pas disposer du classement REP dans cet établissement alors que celui-ci satisfait aux critères de l’éducation prioritaire conduirait à la destruction irrémédiable du travail de fond réalisé par les équipes éducatives depuis ces nombreuses années et à la démobilisation de ces mêmes équipes face à la non-reconnaissance de leur quotidien. Cette sortie de REP (annoncée jeudi 20 novembre 2014) remettrait également en cause selon eux les nombreux projets élaborés pour permettre un accès à la culture et une ouverture au monde pour les enfants du quartier (unité localisé d’inclusion scolaire, voyages scolaires, projet Comenius, classe à horaires aménagés théâtre, option sciences, dispositif de socialisation et d’apprentissages, aide aux devoirs…). Ils comprennent d’autant moins la décision d’exclure le collège Lucie Faure du dispositif REP que le collège est divisé en deux sites, distants d’un kilomètre, et que l’un des deux se situe dans le réseau « quartier politique de la ville ». Par conséquent, ils demandent à connaître les données socio-économiques sur lesquelles le rectorat de Paris s’appuie pour justifier cette décision, ainsi que les méthodes de collecte des informations, la méthode scientifique de rapprochement et de comparaison des résultats.

Pour toutes ces raisons, il lui demande d’agir en faveur du maintien du classement en REP pour 2015 de ce collège et de moyens nécessaires pour donner aux élèves toutes les possibilités de réussite scolaire sans que cela ne se fasse au détriment d’un autre établissement.

Réponse de Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Publiée le : 18/02/2016, page 695

Texte de la réponse :

La politique d’éducation prioritaire vise à réduire les inégalités scolaires qui ont pour origine la situation socio-économique des élèves et de leurs familles. Elle a vocation à s’appliquer dans les territoires où une mixité sociale, souhaitable et bénéfique pour les élèves, n’existe pas ou peu et où cette absence compromet les chances de réussite scolaire des élèves les plus défavorisés. La géographie prioritaire trop peu révisée jusqu’à présent, a petit à petit perdu de sa pertinence. C’est cette adéquation retrouvée entre la politique prioritaire et la réalité des difficultés socio-économiques des territoires qui est en jeu aujourd’hui.

Pour actualiser la carte des réseaux, des principes ont été clairement établis nationalement : les réseaux ont été identifiés à partir des données du collège sur la base de critères sociaux les plus corrélés statistiquement à la réussite scolaire. Une étude menée avec la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a permis de les préciser : le pourcentage d’élèves issus des catégories socioprofessionnelles les plus défavorisées, le pourcentage de boursiers, le pourcentage d’élèves issus de zone urbaine sensible, le pourcentage d’élèves présentant un retard à l’entrée en classe de sixième. Le pourcentage d’élèves issus des catégories sociales les plus défavorisées est nationalement et en moyenne d’environ 40 %, le taux de boursiers de 30 %. Des collèges dont les chiffres avoisinent ces moyennes n’ont pas vocation à rester ou entrer en éducation prioritaire.

Pour autant, la politique d’éducation prioritaire n’est pas l’unique dispositif permettant de progresser vers une école socialement plus juste et les écoles et collèges qui sortent de l’éducation prioritaire ou n’y entrent pas ne sont évidemment pas délaissés. Le défi que constitue le rétablissement d’une école qui permet la réussite de tous les élèves s’impose à l’ensemble du système éducatif à toutes les écoles et à tous les collèges.

C’est pourquoi le principe de l’allocation progressive des moyens pour toutes les écoles et tous les collèges, qu’ils soient ou non en éducation prioritaire, est mis en œuvre à la rentrée 2015. Il permet, en évitant les effets de seuil, d’adapter les moyens au profil du public accueilli, d’adapter ainsi les réponses apportées à la spécificité de chaque école, de chaque collège à la spécificité de son projet.

Dans ce cadre, le collège Lucie Faure ne verra pas ses projets remis en cause dans la mesure où ils permettent de favoriser la réussite des élèves les plus socialement et scolairement défavorisés dans une continuité pédagogique et éducative indispensable à un enseignement efficace.

En outre, l’ensemble de l’action conduite dans le cadre de la refondation de l’école de la République pour le collège contribuera à la prise en compte de la diversité des élèves. Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, les nouveaux cycles, les nouveaux programmes, la mise en place du parcours Avenir et du parcours d’éducation artistique et culturel, contribueront à cette perspective.

La réforme du collège pour la rentrée 2016 prévoit que tous les élèves bénéficieront d’un accompagnement pédagogique qui réponde à leurs besoins. Ainsi, en sixième, 3 heures par semaine seront désormais disponibles pour un accompagnement personnalisé et, au cycle 4 ce sont une ou deux heures que les équipes pourront y consacrer en fonction de leurs analyses des besoins des élèves.

Enfin, les enseignements pratiques interdisciplinaires permettront aux élèves de mieux mettre en relation les connaissances acquises dans les disciplines et de consolider ainsi leurs acquis.

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