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La finance contre l’industrie

Alstom, Areva, Petroplus, Vallourec... -

Par / 14 novembre 2016

Tribune parue dans Initiatives n°101.

Chaque mois, sont annoncées toujours plus nombreuses des fermetures d’entreprises, de sites et des suppressions d’emplois. Malgré les sempiternelles ritournelles des gouvernements successifs et encore très récemment de Myriam El Khomri et de sa loi, la baisse du soi-disant coût du travail n’entraine pas de créations d’emplois, et la dérèglementation du Code du travail n’incite pas les entreprises à s’installer en France.

Selon une récente étude de l’observatoire de l’investissement Trendeo, 887 sites industriels ont fermé puis 2012 contre seulement 609 ouvertures, soit un solde négatif de 278 usines en France. Si l’on remonte au quinquennat précédent, entre début 2009 et mi-2012, le bilan est de 329 usines en moins. En sept ans, 616 ont fermé leurs portes, avec quelles incidences sur l’économie de notre pays ? Chaque usine qui ferme ce sont des désastres sociaux et humains, dont les seules justifications sont l’abandon de toute politique industrielle, l’accroissement des profits des actionnaires et des dirigeants sans scrupules. Alstom, Areva, Petroplus, Vallourec, Arcelor, Ecopla, Good Year, la liste n’est pas exhaustive et ce sont toujours les mêmes cellules de crise, les mêmes promesses et les mêmes réponses ponctuelles.

Et ce n’est pas la dernière visite de François Hollande chez Arcelor à Florange qui va nous démentir. Le « sauvetage » d’Alstom orchestré par le Président de la République, à quelques mois de plusieurs échéances électorales, ne nous donne pas d’autre sentiment qu’une impression de bricolage. En effet, nous savons qu’Alstom est bénéficiaire, son chiffre d’affaires a bondi de 7 % entre 2015 et 2016 et l’entreprise, qui a largement bénéficié d’argent public, a distribué plus de 3 milliards de dividendes à ses actionnaires.

Face à la menace de fermeture du site de Belfort et la suppression de 400 à 500 emplois, le Gouvernement commande 15 TGV pour remplacer des Intercités et anciens train Corail. Qu’a fait l’État actionnaire ces dernières années au sein du conseil d’administration d’Alstom ? L’ancien ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, déclarait au printemps 2015 qu’il n’y aurait aucune suppression d’emploi chez Alstom transport.

Au-delà de l’image de train à grande vitesse circulant au ralenti qui peut faire sourire, cette manipulation de marchés publics inquiète. L’État a dû négocier dans l’urgence avec la SNCF et la RATP un nouveau carnet de commandes. Au mépris de toute politique industrielle, ferroviaire, d’aménagement du territoire, de transition énergétique, renonçant à une politique de long terme. Derrière l’hyper mobilisation pour pérenniser le site de Belfort, nous pouvons nous inquiéter de la pérennité des sites de production de Bombardier qui a son tour réclame une commande publique. Seul un renouveau industriel permettra de répondre aux besoins humains en matière de transport.

En décembre 2015, à l’initiative de notre groupe parlementaire, nous avions discuté une proposition de loi permettant de maintenir et de développer sur l’ensemble du territoire national une offre de transport ferroviaire régional de qualité. Dans mon intervention générale, je dénonçais : « dans un système déjà affaibli par les baisses de dotations, le manque de financement des investissements et la non couverture de la dette de la SNCF, la libéralisation des transports par autocar risque de porter le coup fatal. ».

Ce transport ferroviaire qui fait l’objet de toutes les attentions aujourd’hui a pourtant été, pendant des années, attaqué de toutes parts et soumis à toutes les concurrences. Droite et socialistes avaient voté comme une seule personne contre notre proposition de loi et le gouvernement des cars Macron voudrait maintenant sauver le train ? Pour sauver Alstom et pour pérenniser les industries françaises, nous avons besoin d’une politique industrielle.

Il faut mettre en place une véritable politique d’investissement public et privé au service de l’emploi et non à la solde des actionnaires et des paradis fiscaux. En France, la production industrielle a reculé de 11 points en 25 ans. Et face à cette crise, les seuls actes en faveur de l’industrie sont le CICE et le CIR qui se révèlent être des échecs cuisants puisque leur principal effet est d’augmenter les profits des entreprises sans aucune contrepartie.

Nous exigeons également de l’État qu’il refuse de vendre des groupes essentiels à notre économie à des repreneurs étrangers ou peu crédibles. En 2014, l’État actionnaire a accepté le dépeçage d’Alstom par Général Electric comme il avait décidé des rachats douteux qui aujourd’hui mettent Areva en difficulté. Une nouvelle politique industrielle ne peut se faire sans recherche et innovation. On veut nous faire croire que l’on peut aujourd’hui dissocier le savoir du savoir-faire et du faire, c’est-à-dire développer la recherche et le développement sans usines, mais c’est une aberration. Nous souhaitons poser les bases d’une nouvelle croissance pour une lutte efficace et résolue contre le réchauffement climatique.

Nous devons pour cela nous attaquer au vrai problème : la finance cupide et destructrice. Nous sommes prêts à débattre de nos propositions avec le gouvernement et les différents groupes politiques. D’ailleurs, Éliane Assassi, Présidente du groupe Communiste républicain et citoyen et André Chassaigne, Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine ont demandé au Premier ministre d’inscrire à l’ordre du jour un débat sur l’industrie, demande qui demeure jusqu’à présent malheureusement sans réponse officielle. Et nous avons demandé, avec mon collègue Michel Le Scouarnec, l’audition du PDG l’Asltom par la Commission des affaires économiques du Sénat afin de connaître ses véritables intentions industrielles.

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