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Tribunes libres

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La loi El Khomri au service de la finance

#loitravailnonmerci -

Par / 3 mai 2016

Editorial paru dans le n° 99 d’Initiatives.

Depuis le début du mois de mars, une forte mobilisation sociale et citoyenne traverse notre pays. Ce qui jusqu’alors était désarroi et fatalisme se transforme en recherche d’alternative sur fond d’une forte colère. Les renoncements, le non-respect des promesses, la capitulation face aux marchés financiers pourtant montrés du doigt lors de la campagne de 2012 ont fini par mettre dans la rue des centaines de milliers de personnes, salariés, retraités, chômeurs, étudiants et lycéens. La loi El Khomri est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. L’acceptation sans combat du traité budgétaire européen, puis la mise en œuvre du pacte de compétitivité et du CICE, puis la loi Macron, puis le fameux et scandaleux débat sur la déchéance de nationalité ont créé les conditions de la forte mobilisation protéiforme que nous constatons aujourd’hui.

Cette mobilisation porte en elle l’exigence du retrait de la loi El Khomri, mais elle traduit aussi un rejet de la politique libérale menée hier par la droite et aujourd’hui par MM. Hollande
et Valls. C’est logique, car la loi El Khomri est une soumission du Code du travail aux règles du marché. Après des années de remise en cause, le gouvernement entend aujourd’hui porter un coup décisif à la règle fondamentale d’une loi protectrice pour les salariés face à la force patronale. L’inversion des normes, la primauté donnée à l’accord d’entreprise sont selon moi les points cruciaux de ce texte sur lesquels le gouvernement entend tenir, coûte que coûte,
car c’est là l’exigence essentielle du patronat. Cette loi redonne plein pouvoir aux patrons dans l’entreprise. Elle constitue un retour aux premières heures du XXe, au temps des maîtres de forges. Elle permettra au patronat de gérer la main-d’œuvre comme il l’entend, sans contrainte ou si peu. Aussi, François Hollande et ses ministres ont-ils fait leur ce dogme selon lequel la limitation du droit de licenciement est un frein à l’embauche, selon lequel le droit du travail finalement gêne l’économie.

La dérégulation, c’est le grand chantier du capitalisme du XXIe siècle, le capitalisme ravageur qui brise les femmes et les hommes pour servir les intérêts de quelques dizaines de multinationales, ces nouvelles « 200 familles ». Cette volonté dérégulatrice s’attaque au droit du travail en France comme hier en Espagne, Italie, Grèce ou Portugal. Mais la première grande dérégulation, ce fut celle des marchés financiers eux-mêmes. La liberté totale de circulation des capitaux, l’accélération de ce phénomène par Internet et les milliards échangés en nano secondes ont déconnecté l’argent de l’économie réelle, de l’investissement pour la production. D’immenses fortunes se sont formées et des paradis fiscaux se sont développés pour les héberger. L’évasion fiscale a un rapport direct avec la politique de l’emploi, la politique industrielle et aujourd’hui avec la loi El Khomri. Dans ce monde, la variable d’ajustement ne doit surtout pas être l’utilisation des bénéfices pour le bien commun, le travail, en un mot, pour l’intérêt général, mais bien la gestion de la force de travail au gré des besoins des actionnaires et du patronat qui les sert. La loi El Khomri s’inscrit donc dans cette logique d’une politique totalement dévouée
à la finance.

Les sénateurs du groupe CRC agiront avec détermination dans le débat parlementaire pour accompagner dans l’hémicycle la mobilisation dans le pays. Dans le même temps, ils agiront contre l’évasion fiscale en proposant le 18 mai un texte visant à soumettre
à un plus grand contrôle les entreprises dans ce domaine, en poursuivant ainsi le travail de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale dont ils furent à l’origine en 2012. Le libéralisme est un projet global pour assurer la domination de l’argent sur l’humain. Notre réponse doit être globale et nourrir un projet de société au service
de l’intérêt général.

Initiatives n°99

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